En Suisse, la retraite repose principalement sur deux piliers : l’AVS et la LPP. L’AVS est une rente versée par l’État, calculée selon l’échelle 44, ce qui signifie qu’il faut avoir cotisé sans interruption de 21 ans jusqu’à l’âge légal de la retraite et avoir perçu un revenu élevé chaque année pour toucher la rente maximale. Dans les faits, peu de personnes atteignent ce plafond, fixé à 2520 francs par mois (chiffre 2025) pour une personne seule.
La LPP, ou deuxième pilier, est financée par l’épargne accumulée dans votre caisse de pension au fil des années. La rente annuelle qui en découle est calculée à l’aide d’un pourcentage appelé taux de conversion. Si ce taux diminue, le montant versé chaque année par la LPP baisse mécaniquement. L’impact de cette baisse dépend directement de l’importance de votre capital.
Une personne ayant eu un revenu modeste durant sa carrière, avec un capital LPP limité et une rente AVS qui représente l’essentiel de ses revenus, verra sa perte atténuée. La réduction sur la rente LPP existe, mais reste proportionnellement faible, car l’AVS joue un rôle d’amortisseur. De plus, si le revenu total reste bas, cette personne pourra bénéficier des prestations complémentaires AVS, destinées à garantir un revenu minimal pour couvrir les besoins vitaux.
À l’inverse, une personne ayant perçu un revenu élevé tout au long de sa carrière, proche du maximum AVS et disposant d’un capital LPP important, sera plus exposée. Sa rente LPP représente une part importante de ses revenus, et la baisse du taux de conversion aura donc un effet beaucoup plus marqué sur le revenu total. Dans ce cas, les prestations complémentaires ne s’appliquent pas, car le niveau de revenu reste supérieur aux seuils d’éligibilité.
Si on résume, plus la LPP occupe une place importante dans vos revenus de retraite, plus la baisse du taux de conversion se fera sentir. Pour les petits revenus, l’AVS et, le cas échéant, les prestations complémentaires atténuent en partie l’impact.
Sauver nos retraites, c’est sauver notre dignité
En Suisse, des décennies de travail ne doivent pas se solder par l’angoisse de finir le mois. La baisse des rentes, les attaques contre l’AVS et la LPP menacent directement notre droit à une vieillesse digne. Ce n’est pas une fatalité : c’est un choix politique.
Depuis des années, les partis bourgeois multiplient les offensives contre nos retraites. Sous prétexte de « réformes nécessaires », ils veulent repousser l’âge de la retraite, réduire le taux de conversion, affaiblir l’AVS et confier toujours plus au marché et aux assurances privées. Chaque attaque fragilise un peu plus notre sécurité après une vie de travail.
Nous avons le pouvoir d’exiger une AVS renforcée, des caisses de pension solidaires et un système qui place l’humain avant les profits. Une retraite décente n’est pas un luxe : c’est un droit.

