« Vendredji » et « tchip » : quand les affriquées te plombent un entretien

Publié le 11 août 2025 par Grégoire Pomey
📂 Le monde du travail

Tu t’apprêtes à passer un entretien d’embauche et tu veux faire bonne impression ? Il y a un détail auquel tu ne penses peut-être pas : ta prononciation. Plus précisément, ces sons qui claquent comme du chewing-gum dans la bouche, qu’on appelle des affriquées (tch, dj, ts, dz). Dans la rue, ça donne du style. En entretien, ça peut vite te faire passer pour quelqu’un de peu sérieux… ou carrément ringard.

Dire « vendredji » au lieu de « vendredi », « tchip » pour montrer ton agacement, ou encore « djéjà » à la place de « déjà » peut sembler naturel quand tu parles entre amis. Mais face à un recruteur, ce genre de tic de langage te place immédiatement dans une catégorie… pas forcément celle que tu vises. Ce n’est pas une question de snobisme : c’est que ton interlocuteur va inconsciemment associer ta manière de parler à une qualité de travail réduite.

Pourquoi c’est un problème ? Parce qu’un entretien est un espace codé, où chaque mot, chaque ton, chaque posture compte. Même si ton CV est en béton, un langage trop familier ou marqué par des habitudes orales très « quartier » risque de brouiller ton message.

Le conseil ?

Repère ces affriquées dans ton vocabulaire et remplace-les par des équivalents plus neutres :

  • « Vendredi » bien net, sans le dj traînant
  • « Agacement » ou « mécontentement » au lieu d’un bruit comme tchip
  • « Déjà » prononcé normalement, sans le côté exagéré

Le but n’est pas de gommer ta personnalité, mais d’adapter ton langage au contexte. Un entretien, c’est comme un costume : on choisit la tenue qui donne la meilleure image. Ta manière de parler en fait partie. Garde tes affriquées pour la pause avec tes potes, mais range-les au placard le temps de convaincre le recruteur que tu es la personne qu’il attend.

C’est du vécu !

Recruteur : Bonjour Jordan, bienvenue. Vous avez trouvé facilement nos bureaux ?
Jordan : Ouais, tranquille. J’étais djéjà dans le quartier, alors j’me suis dit “tchoppe un red-bjull avant” et voilà, j’suis arrivé pile-poil pour l’entretien, vendredji pile comme prévu.
Recruteur : … Euh… Nous sommes lundi.
Jordan : Ah ouais, mais c’est une expression tchu vois. Genre, “vendredji”, c’est quand t’es chaud patate, même si on est lundi.
Recruteur : D’accord… Bon, parlez-moi de votre parcours.
Jordan : Je viens de fchinir mon CFC d’employé de commerce, et djéjà pendant la formation je kiffais tout ce qui est relation client. Genre, quand un client comprend pas un djocument, moi je lui montre direct, je lui explique, et hop, il repart en mode tchip content.
Recruteur : En… mode quoi ?
Jordan : Tchip content, genre il est soulagé, quoi.
Recruteur : … Très bien. Et pourquoi vous voulez travailler dans une banque ?
Jordan : Bah, j’me djis que ça tchèque bien sur un CV, et puis les banques c’est stylé : t’as des vestes classes, tu dis “bonjour monsieur” et “bonjour madame” toute la djournée.
Recruteur : … (regard dans le vide)
Jordan : En plus, j’suis grave motivé. Genre, si vous m’embauchez, vendredji prochain je ramène les croissants pour toute l’équipe.

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