Le chewing-gum et la trottinette à l’entretien d’embauche

Un jeune en entretien d'embauche. Sa trottinette électrique est appuyée contre le mur et il n'est pas préparé pour l'entretien. Le recruteur n'est pas convaincu.
Publié le 16 octobre 2025 par Grégoire Pomey
📂 A la recherche d'un job

Une trottinette, un chewing-gum et un CV pris en photo sur la table de la cuisine : ce n’est pas la meilleure entrée en matière pour décrocher un emploi. L’entretien d’embauche, c’est aussi du marketing — et le produit que vous vendez, c’est vous.

On ne le dit pas toujours, mais la première impression commence bien avant l’entretien. Avant même que le recruteur voie votre visage, il découvre votre dossier. Et ce dossier raconte déjà quelque chose de vous : votre rigueur, votre sens du détail, votre manière de communiquer. Un CV mal scanné, une photo floue ou un fichier mal nommé ne sont pas des fautes graves, mais ils laissent une impression. L’employeur ne se dit pas forcément “ce candidat est mauvais”, mais plutôt “il n’a pas pris le temps”. Et dans un monde professionnel où la ponctualité, la fiabilité et la précision comptent autant que les compétences, ces petits signaux font la différence.

L’entretien d’embauche

Vient ensuite le moment de la rencontre. L’entretien n’est pas un examen, mais c’est un moment où tout compte : la manière d’entrer, la posture, la façon de s’adresser à l’autre. Arriver en trottinette devant l’entreprise n’est pas un problème en soi — c’est même un moyen de transport pratique et écologique. Mais il faut savoir adapter les codes au lieu où l’on se trouve. On ne franchit pas la porte d’un bureau comme celle d’un skatepark : on la passe en professionnel et le moyen de transport reste dehors. De même, mâcher un chewing-gum, s’avachir sur sa chaise ou garder les écouteurs autour du cou donnent, malgré soi, l’image d’une personne qui n’a pas encore compris les règles du jeu.

L’entretien, c’est aussi du marketing silencieux. On ne vend pas un produit avec un emballage négligé, et c’est pareil pour soi. Il ne s’agit pas de jouer un rôle, mais de montrer qu’on sait se présenter : être attentif, poli, ouvert, et surtout à l’écoute. Un candidat qui regarde son interlocuteur, qui sourit et qui pose une question pertinente marque toujours plus de points qu’un autre venu “voir ce que c’est”.

Cette exigence n’a rien d’artificiel : elle traduit une réalité simple. La fiabilité prime. Mieux vaut une poignée de main franche qu’un long discours. Mieux vaut une tenue sobre qu’un style original mal compris. Et surtout, mieux vaut arriver trop préparé que pas assez.

Le monde du travail n’attend pas la perfection, il attend du sérieux. Et ce sérieux commence souvent par des détails : un document propre, une attitude respectueuse, un effort de présentation. Parce qu’en entretien, on ne juge pas seulement ce que vous êtes, mais la manière dont vous montrez que vous êtes prêt à travailler avec les autres.

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