Chaque année, au milieu du mois de mai, le même sujet revient dans les discussions en Suisse. Faut-il encore attendre avant de planter au jardin ? Les saints de glace sont là pour rappeler qu’un dernier coup de froid n’est jamais totalement exclu.
Derrière ce nom un peu mystérieux se cachent simplement trois dates du calendrier traditionnel encore en usage en Suisse. Les 11, 12 et 13 mai correspondent aux fêtes de saint Mamert, saint Pancrace et saint Servais. À l’origine, ces personnages n’ont rien à voir avec la météo. Ce sont des figures religieuses anciennes, dont les célébrations ont fini par coïncider avec une période réputée délicate pour les cultures.
Si ces dates sont restées ancrées dans les habitudes, c’est parce qu’elles correspondent à une observation répétée pendant des siècles. Au printemps, même lorsque les journées sont douces, il peut encore survenir des nuits froides, notamment lorsque le ciel est dégagé et que de l’air frais descend du nord. Ces conditions favorisent des gelées tardives capables d’endommager les plantes les plus fragiles. Peu à peu, les agriculteurs ont pris l’habitude d’attendre la mi-mai avant de planter en extérieur.
Une tradition encore utile aujourd’hui
Aujourd’hui, les relevés météorologiques montrent que le gel pendant cette période n’est pas systématique. Certaines années, il ne se passe rien, alors que d’autres peuvent connaître un épisode froid avant ou après ces dates. En réalité, les saints de glace ne marquent pas un phénomène précis, mais plutôt une zone de transition entre la fin des risques hivernaux et l’installation durable du printemps. En Suisse, cette incertitude est encore plus marquée en raison du relief. Entre les plaines, les plateaux et les régions de montagne, les conditions peuvent varier fortement sur de courtes distances. Une nuit froide peut ainsi toucher une vallée sans affecter les régions voisines.
Si la tradition continue d’être évoquée chaque année, c’est parce qu’elle reste un repère simple. Elle rappelle qu’en matière de météo, la prudence est souvent préférable à la précipitation. Les saints de glace font ainsi partie de ces savoirs populaires qui traversent le temps, entre observation du climat et transmission des habitudes agricoles.
« En avril, ne te découvre pas d’un fil… en mai, fais ce qu’il te plaît. »
Ce dicton bien connu forme en réalité un duo avec les saints de glace. Le mois d’avril est réputé instable, alternant douceur et retours de froid, d’où l’appel à la prudence. Mais même en mai, lorsque les beaux jours semblent installés, un dernier risque subsiste : celui des gelées tardives autour des 11, 12 et 13 mai. Les saints de glace viennent ainsi prolonger cette méfiance printanière. Ensemble, ces deux repères populaires rappellent une même chose : tant que la mi-mai n’est pas passée, le printemps peut encore réserver quelques surprises.
Republier cet article
Si vous aimez cet article, vous pouvez le partager ou le republier librement, sur votre site ou dans un journal, grâce à notre licence Creative Commons.
Mentionnez simplement la source et ajoutez un lien vers l’article d’origine. La reproduction doit être fidèle au texte original : il n’est pas permis de le modifier ni de le tronquer.Le bouton ci-dessous vous permet d'accéder au code préformaté. Copiez-le simplement dans l’éditeur de votre site. Cet article est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0.

