Le 8 mars, défendre la SSR, c’est défendre la démocratie de notre pays

La régie du plateau du téléjournal 1930 de la RTS, à Genève. De nombreux professionnels passionnés sont sur le pont, tous les jours, pour vous offrir une actualité neutre, variée et de qualité !
Publié le 22 janvier 2026 par Grégoire Pomey
📂 Décryptage

Le 8 mars, nous ne votons pas sur un détail technique ou une simple ligne budgétaire. Nous votons sur le type de société dans laquelle nous voulons vivre. La baisse de la redevance fragilise directement la radio et la télévision publiques suisses, et avec elles un pilier essentiel de notre démocratie.

La SSR n’est pas un média comme les autres. Elle a pour mission d’informer l’ensemble de la population, dans toutes les régions du pays, dans toutes les langues nationales, sur tous les sujets qui comptent. Politique, économie, culture, science, sport, vie locale : cette diversité a un coût, mais elle garantit une information accessible, vérifiée et indépendante des intérêts privés.

Informer tout le pays, pas seulement ce qui rapporte

Réduire la redevance, c’est réduire les moyens de produire une information de qualité. Ce sont moins de reportages de terrain, moins de correspondants régionaux, moins de temps pour enquêter, vérifier, contextualiser. Ce sont aussi des choix éditoriaux contraints, dictés non plus par l’intérêt public mais par la survie financière.

Le secteur privé joue un rôle, bien sûr. Mais il obéit à une logique différente. Un média privé doit être rentable. Il privilégie ce qui attire l’audience, ce qui rapporte, ce qui se vend. Il se concentre sur les grands centres, les sujets porteurs, les formats rapides. Il n’a ni l’obligation ni les moyens de couvrir l’ensemble du territoire, ni de garantir une présence équitable dans les régions périphériques, rurales ou linguistiquement minoritaires. Réduire les moyens de la SSR, c’est mathématiquement faire le beurre de la droite qui milite activement pour faire passer cette « initiative SSR ». La droite s’intéresse à son profit seulement, pas à ce dont vous avez besoin, vous.

On le voit très concrètement dans le domaine du sport, notamment avec la diffusion des matchs. Les chaînes privées se positionnent en priorité sur les événements les plus rentables : grandes compétitions, affiches prestigieuses, audiences garanties. Elles achètent les droits là où l’argent est assuré, puis enferment ces contenus derrière des abonnements coûteux. Ce qui ne rapporte pas assez est laissé de côté.

Le service public, lui, joue un autre rôle. Il garantit l’accès du public aux grands événements sans barrière financière, tout en donnant aussi de la visibilité à des sports et des compétitions que le privé ignore. Ce n’est pas une question de goût ou de performance, mais de mission : informer, rassembler et représenter l’ensemble du pays, pas seulement ce qui génère du profit immédiat.

Une information indépendante est un pilier de la démocratie

Sans service public fort, certaines réalités disparaissent simplement de l’espace médiatique. Des régions entières deviennent invisibles. Des enjeux locaux ne sont plus traités. Des voix ne sont plus entendues. L’information se fragmente, se simplifie, se polarise.

Soutenir la SSR, ce n’est pas défendre un système figé ou refuser toute évolution. C’est reconnaître que l’information n’est pas une marchandise comme une autre. Qu’elle est un bien commun. Qu’une démocratie saine a besoin de médias capables de travailler sans pression commerciale, sans dépendance aux annonceurs, sans course permanente au clic.

Serafe n’est pas la SSR. Il est important de le rappeler clairement. Serafe est une entreprise privée mandatée par la Confédération pour encaisser la redevance radio-TV. Son rôle se limite strictement à la facturation et à la perception de cette redevance. Elle ne produit aucun contenu, ne décide d’aucune ligne éditoriale et n’a aucun lien opérationnel avec la SSR.

La SSR n’a pas choisi Serafe et ne gère ni ses méthodes, ni sa communication, ni ses éventuelles erreurs. Les problèmes liés à la facturation, aux rappels ou à la relation avec les usagers relèvent exclusivement du prestataire et du cadre fixé par les autorités fédérales.

Mélanger la SSR et Serafe est une confusion fréquente mais injuste. Punir le service public audiovisuel en raison du mécontentement suscité par un système d’encaissement confié à un acteur privé revient à viser la mauvaise cible. Si la perception de la redevance pose problème, c’est ce mécanisme qu’il faut corriger, pas affaiblir la radio et la télévision publiques qui remplissent une mission essentielle pour l’ensemble du pays.

Le 8 mars, voter contre la baisse de la redevance, c’est faire le choix d’une information fiable, pluraliste et accessible à toutes et tous. C’est affirmer que la cohésion du pays, la compréhension mutuelle entre régions et la qualité du débat public valent plus que quelques francs économisés au détriment de l’intérêt général.

C’est un vote pour le long terme. Un vote pour une Suisse informée, critique et solidaire.

Le plateau du téléjournal de la RTS à Genève.

Republier cet article

Logo Creative Commons Si vous aimez cet article, vous pouvez le partager ou le republier librement, sur votre site ou dans un journal, grâce à notre licence Creative Commons. Mentionnez simplement la source et ajoutez un lien vers l’article d’origine. La reproduction doit être fidèle au texte original : il n’est pas permis de le modifier ni de le tronquer.

Le bouton ci-dessous vous permet d'accéder au code préformaté. Copiez-le simplement dans l’éditeur de votre site. Cet article est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons CC BY-NC-ND 4.0.

Vous pourriez aussi aimer