Le MacBook Neo peut-il remplacer mon iPad ?

Le MacBook Neo vise notamment le marché de l’éducation, avec un ordinateur simple, silencieux et abordable pensé pour les étudiants. Photo (c) Apple.
Publié le 11 mars 2026 par Grégoire Pomey
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Je suis un utilisateur PC convaincu, depuis que mes doigts se baladent sur une machine: j’avais 6 ans lorsque j’ai touché mon premier clavier d’ordinateur et les 8086 et 286 de la famille ne connaissaient que le système d’exploitation DOS. Windows est mon environnement naturel et, dès qu’il s’agit de travailler sérieusement, je n’imagine pas faire autrement. Les rares fois où j’ai dû utiliser un Mac, l’expérience a été assez brève : je ne m’y retrouve pas. L’ergonomie me semble lourde, l’organisation est trop différente et tout ce que j’ai appris pendant des années dans l’univers Microsoft ne me sert plus à grand-chose. Bref, travailler sur macOS m’effraie.

Un PC dans les mains, un iPad dans le sac

Et pourtant, dans le monde mobile, c’est exactement l’inverse. Android ne me convient pas du tout. J’ai une allergie totale à cet univers que je trouve instable, alors qu’iOS me va parfaitement. Le combo parfait est iPhone et iPad et je n’avais aucune envie d’en changer… jusqu’à hier.

Mon iPad est avant tout un porte-documents numérique. Dans le cadre de mes activités politiques, il me permet de transporter dossiers, rapports et notes sans me promener avec des piles de papier. Pour cet usage, il fonctionne bien : léger, toujours allumé, facile à consulter. J’y ai ajouté un clavier pour prendre quelques notes rapides. J’y joue un peu aussi (le stylet est parfait pour Mini Metro) et il est très agréable pour flâner sur YouTube ou lire tranquillement. Pour ce genre d’usage, l’iPad est difficile à battre.

Mais dès qu’il faut vraiment produire quelque chose, écrire longtemps, organiser des fichiers ou travailler de manière structurée, je reviens immédiatement à mon PC. Windows reste, à mes yeux, le seul environnement vraiment efficace pour travailler.

Le MacBook Neo, un Mac simple et (enfin) abordable

Depuis hier, un nouveau produit d’Apple, le MacBook Neo, est partout dans l’actualité technologique. L’idée est simple : proposer un Mac d’entrée de gamme, beaucoup moins cher que les modèles habituels. La machine utilise un processeur issu de la famille des puces d’iPhone et iPad, avec une configuration assez simple : 8 Go de mémoire, un SSD de 256 Go et une autonomie annoncée d’une quinzaine d’heures. Rien d’extraordinaire sur le plan de la puissance, mais suffisant pour les tâches courantes. L’écran est celui d’un portable classique de 13 pouces, le châssis de bonne qualité et la connectique réduite à quelques ports USB-C. Tout cela permet à Apple de le vendre à 579 francs, un prix inhabituellement bas pour un Mac. Et pour ne rien gâcher, totalement silencieux en l’absence de ventilateur pour le refroidir.

J’ai toujours été surpris de voir que les écoles, en Suisse romande du moins, n’ont que des Mac et beaucoup d’iPad. Lorsque les jeunes débutent un apprentissage et qu’ils découvrent un PC, c’est parfois vraiment compliqué. Le monde du travail fonctionne majoritairement sous Windows. S’habituer tout jeune à travailler sur Mac est une chose, mais lorsqu’il faut basculer sur Windows, cela ajoute du stress…

Depuis l’annonce de cette machine, mes certitudes vacillent. Parce que si je n’aime pas macOS, j’aime encore moins prendre des notes sur un iPad. Malgré les « améliorations » d’iPadOS, la tablette reste limitée pour écrire confortablement. Le multitâche est parfois maladroit, la gestion des fichiers n’est pas toujours intuitive et le clavier, même bon, ne remplace jamais vraiment celui d’un ordinateur portable. J’ajoute qu’une mise à jour d’iPadOS récente a apporté de nouvelles fonctionnalités censées rapprocher l’iPad d’un vrai ordinateur, et qui a mon sens ont tué sa simplicité.

À l’inverse, un PC portable classique n’est pas non plus la solution idéale pour mon usage de « porte-documents ». C’est plus lourd, moins pratique à sortir rapidement dans une réunion, et souvent inutilement puissant pour ce que j’en ferais.

Entre tablette et ordinateur, la machine idéale ?

Entre un PC portable trop orienté travail et un iPad très pratique mais limité, le MacBook Neo pourrait bien occuper une place inattendue. Une petite machine, peu puissante mais suffisante pour de l’administratif avec un vrai clavier, un vrai système d’exploitation et un prix raisonnable. Pas un ordinateur destiné à remplacer mon PC de travail, clairement. Mais peut-être un appareil hybride capable de remplacer mon iPad le jour où celui-ci rendra l’âme.

L’idée est assez ironique. Pendant des années, Apple a présenté l’iPad comme l’ordinateur du futur. Et me voilà aujourd’hui à envisager de remplacer ma tablette Apple… par un Mac. Un Mac simplifié, bon marché et probablement très loin des machines professionnelles que la marque met habituellement en avant.

Trois remarques importantes cependant: Le Neo ne peut pas être « upgradé ». Impossible d’ajouter de la mémoire vive et question disque dur, c’est 256Gb ou 512Gb. C’est vite limité si on veut charger des années de photos et vidéos. Et enfin, il est vendu sans chargeur…

Je resterai sans doute longtemps fidèle à Windows pour travailler. Mais pour transporter mes documents, prendre des notes et écrire tranquillement ailleurs que devant mon bureau, ce petit Mac pourrait bien être la solution que je n’attendais pas. Pas assez puissant pour être mon ordinateur principal, mais peut-être suffisamment confortable pour remplacer avantageusement un iPad devenu trop limité.

Peut-être que la révolution Apple que l’on n’attendait plus est enfin là: offrir un moyen de tester l’écosystème Apple sans se ruiner. Je pense par ailleurs que la réaction ne se fera pas trop attendre du côté des fabricants de PC bas de gamme sous Windows. On devrait voir arriver des PC à 500.- avec un aspect extérieur tout aussi attrayant que ce Mac tout simple, mais beau.

Le paradoxe Apple

Depuis plusieurs années, une question revient régulièrement chez les utilisateurs : pourquoi Apple refuse-t-elle de rapprocher davantage l’iPad et le Mac ? Techniquement, les deux machines sont aujourd’hui très proches. Les iPad utilisent des processeurs extrêmement puissants, parfois même identiques à ceux des Mac. Pourtant, Apple maintient une frontière très nette entre les deux mondes.

L’iPad reste enfermé dans iPadOS, un système pensé avant tout pour le tactile et la simplicité, mais qui limite certaines fonctions essentielles pour travailler confortablement. Le Mac, lui, conserve macOS et toute la logique d’un ordinateur classique.

Avec l’arrivée d’un MacBook Neo vendu autour de 579 francs, ce choix devient encore plus étrange. Apple propose désormais un ordinateur portable complet, capable de faire tourner toutes les applications Mac, à un prix comparable à celui de nombreux iPad. Dans ces conditions, certains utilisateurs pourraient légitimement se demander pourquoi investir dans une tablette souvent plus chère et plus limitée.

Apple semble vouloir préserver deux catégories bien distinctes : la tablette simple et tactile d’un côté, l’ordinateur traditionnel de l’autre. Mais avec un Mac aussi accessible, la frontière devient de plus en plus floue. Et c’est précisément ce flou qui rend l’arrivée du MacBook Neo si intéressante.

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