Reconnaître le vrai du faux : ne pas croire tout ce qu’on lit

Une rue sans habitants, mais avec des dizaines de caméras de surveillance.
Publié le 13 septembre 2025 par Grégoire Pomey
📂 Décryptage

À l’heure des réseaux sociaux et des médias en ligne, une information inquiétante peut se propager en quelques minutes et toucher des milliers de personnes. Le problème, c’est que ce qui circule n’est pas toujours équilibré, et parfois même pas totalement vrai. Certains sites choisissent délibérément un angle alarmiste pour provoquer une réaction immédiate : la peur.

Quand la peur devient un outil pour attirer les clics

Un bon exemple est celui de la révision de la Loi sur le renseignement (LRens) en Suisse. En lisant certains articles, on a l’impression que le pays bascule dans un roman d’Orwell : caméras partout, écoute généralisée, fin de la vie privée. L’argumentaire est construit de manière à faire peur : on insiste sur les outils de surveillance, on répète des mots comme « espionnage » ou « Big Brother », et l’on passe sous silence les garde-fous prévus dans la loi.

Pourtant, si l’on prend le temps de consulter les documents officiels, la présentation est beaucoup plus nuancée. La révision est décrite comme une adaptation technique aux réalités numériques actuelles, avec une surveillance qui reste soumise à des contrôles. Est-ce que cela signifie qu’il n’y a aucun risque ? Non. Est-ce que cela veut dire que nous allons automatiquement vivre sous une surveillance totale ? Pas davantage. La vérité se trouve dans un entre-deux qu’aucun article sensationnaliste n’explique vraiment.

Pourquoi ces écarts existent-ils ? Tout simplement parce que certains médias en ligne vivent du clic. Plus un article fait peur, plus il est lu et partagé. Un titre alarmiste attire l’œil, une accroche anxiogène retient l’attention, et au final c’est la publicité qui rapporte. L’objectif n’est plus d’informer de manière équilibrée, mais de maximiser le trafic. C’est pour cette raison que l’on retrouve partout des articles rédigés pour provoquer l’émotion plutôt que la réflexion.

La mécanique est toujours la même : choisir certains passages d’un texte, amplifier leurs conséquences, omettre les éléments rassurants, puis enrober le tout d’un vocabulaire fort et d’images anxiogènes. À la lecture, le sentiment qui domine est la peur, ce qui pousse à cliquer, à partager, à commenter… mais rarement à comprendre.

Vérifier les sources, le seul moyen d’y voir clair

C’est pourquoi il est essentiel de garder un réflexe simple : toujours vérifier les sources. Lire un texte officiel, comparer plusieurs médias, confronter les arguments. Ce travail demande un peu de temps, mais il évite de se laisser manipuler par des récits orientés. Car une société qui se nourrit uniquement de titres choc finit par se méfier de tout… et parfois même de ce qui est vrai.

Apprendre à reconnaître le vrai du faux, c’est donc accepter de prendre du recul. Ne pas croire tout ce qu’on lit au premier regard. Et surtout comprendre que derrière chaque article, il y a un choix d’angle, et que ce choix peut transformer une réforme technique en scénario catastrophe, ou un risque réel en banalité rassurante. L’exemple de la révision de la LRens le montre bien : ce n’est qu’en allant aux sources que l’on peut se forger une opinion éclairée.

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