Attention, un Trump peut en cacher un autre

Trump: quand un ego surdimensionné joue au chef du monde… avec des petites voitures et un bouton nucléaire juste à côté.
Publié le 20 avril 2026 par Grégoire Pomey
📂 404 actu

Il y a des noms qui traversent les époques avec une étrange persistance. Trump, par exemple. En 1940 déjà, un certain Georg Trump s’activait à Berne pour faire taire les journaux suisses un peu trop critiques envers l’Allemagne nazie. Aujourd’hui, un autre Trump, beaucoup plus bruyant, beaucoup plus orange aussi, occupe l’espace médiatique mondial avec la même conviction : la presse devrait dire ce qu’il pense ou se taire. Et si la presse fait son travail quand même, l’agent orange la tue.

À l’époque, Georg Trump appelait directement les rédactions pour exiger des noms, des excuses, des têtes. Il menaçait, contournait les diplomates, testait les limites. En face, des rédacteurs en chef suisses résistaient tant bien que mal, coincés entre la peur d’une invasion et leur attachement à la liberté de la presse. Résultat : une Suisse nerveuse, des journaux suspendus et une question existentielle qui plane au-dessus des rotatives : faut-il plier ou tenir ?

Deux Trump, deux époques, même style

Aujourd’hui, Donald Trump ne téléphone plus aux rédactions suisses — il a d’autres terrains de jeu — mais le principe reste curieusement familier. Attaques répétées contre les médias, accusations de “fake news”, pression constante sur les journalistes. Le tout avec une audience mondiale, des millions de regards braqués sur chaque déclaration, comme si chaque phrase contenait une vérité révélée. Le gendarme du monde s’exprime et tout le monde écoute. Pour ne pas perdre un contrat, un milliardaire propriétaire d’un journal papier et d’une immense infrastructure numérique dans le cloud n’hésitera pas à virer son équipe pour éviter de fâcher le grand dadais à la tête des USA.

En 1940, la menace était militaire, seulement militaire. Elle avançait en bottes, carte à la main. Aujourd’hui, elle reste militaire mais elle est aussi numérique et permanente. Elle ne coupe pas le courant, elle sature le signal. Mais dans les deux cas, elle pose la même question : que vaut une presse libre quand elle est constamment sous pression ? A l’époque, certains en Suisse ont refusé de céder. Ils ont tenu leur ligne malgré les pressions, malgré les risques bien réels. Aujourd’hui, la pression prend d’autres formes, mais elle existe toujours. Et la tentation d’adapter, de lisser, de ne pas faire de vagues n’a jamais vraiment disparu.

Alors oui, un Trump peut en cacher un autre. Et la question, elle, n’a pas changé : est-ce qu’on préfère se taire pour éviter les problèmes, ou parler quitte à déranger ?

Pour en savoir plus, lisez l’excellent article de blog du Musée national suisse.

On me dira peut-être qu’avec ce genre de piques, je peux déjà faire une croix sur un voyage aux États-Unis. A l’heure où les réseaux sociaux sont scrutés, où le moindre commentaire peut ressortir à la douane, mieux vaut arriver avec un historique bien propre et un humour parfaitement calibré. Disons que ce n’est pas exactement mon cas.

Mais soyons honnêtes : ce n’est pas vraiment un problème. Je n’ai de toute façon aucun projet d’y aller. Ni demain, ni l’an prochain. Alors si quelques phrases un peu acides doivent me fermer les portes, ce sera une barrière théorique, presque abstraite. Une ligne rouge tracée sur une carte que je ne comptais pas franchir.

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