Snapchat : ce que les parents doivent savoir

Publié le 28 août 2025 par Grégoire Pomey
📂 Pour les parents

Snapchat, ou simplement “Snap” comme l’appellent beaucoup d’ados, est une application gratuite de messagerie et de partage de photos et vidéos. Disponible sur iOS (iPhone) et sur les téléphones fonctionnant sous Android (Samsung, Nokia, Google Phone, etc.), elle est accessible dès 13 ans. Avec plus de 400 millions d’utilisateurs quotidiens dans le monde, elle occupe une place de choix dans la vie numérique des jeunes.

Comment ça fonctionne ?

Le principe de base repose sur l’envoi de photos ou vidéos éphémères, appelées “snaps”. À l’origine, chaque contenu disparaissait après quelques secondes. Désormais, il est possible de choisir la durée d’affichage, voire de l’envoyer sans limite de temps. Même dans ce cas, le contenu reste temporaire puisqu’il disparaît après avoir été consulté… à moins que le destinataire n’effectue une capture d’écran. Snapchat est aussi connu pour ses Stories, des montages de photos et vidéos visibles pendant 24 heures. Ce format a tellement marqué les usages qu’il a été repris par Instagram, Facebook et d’autres réseaux sociaux.

Pourquoi les jeunes l’aiment

L’attrait principal de Snapchat vient de cette légèreté : ce qui est publié n’est pas destiné à durer. Les adolescents ressentent donc moins la pression de soigner leur image en permanence en comparaison avec Instagram ou les photos et vidéos doivent être particulièrement soignées pour plaire. L’application mise aussi sur des filtres en réalité augmentée, souvent amusants ou créatifs, qui transforment les visages et les voix. Autre particularité très populaire : les “streaks”, ces flammes qui apparaissent lorsqu’on échange des snaps chaque jour. Cela renforce le sentiment de lien entre amis, mais crée aussi une habitude très addictive.

L’application ne repose pas sur un modèle freemium agressif, mais sur des mécanismes psychologiques. Les streaks poussent à une connexion quotidienne et la promesse d’éphémère incite certains à partager des images qu’ils ne diffuseraient pas ailleurs. Les filtres et les Stories renforcent cette habitude de publication régulière.

Conseil : rappeler aux enfants qu’aucun contenu n’est jamais vraiment temporaire et que tout ce qui est partagé peut être sauvegardé.

Les risques

Le caractère éphémère est en réalité trompeur : rien n’empêche de sauvegarder ou de partager un snap supposé privé. Certains jeunes peuvent être exposés à des contenus choquants ou inappropriés via la section “Découvrir”. La pression sociale est forte, car ne pas répondre ou interrompre un streak peut être vécu comme un signe de rupture amicale. Enfin, la fonction de localisation Snap Map, qui indique en temps réel où se trouvent les utilisateurs, peut poser un vrai problème de sécurité si elle n’est pas désactivée.

Les dangers de la Snap Map

Snapchat n’exige pas de numéro ni de nom pour entrer en contact : la Snap Map permet de repérer d’autres utilisateurs simplement grâce à leur localisation. C’est amusant en apparence, mais dangereux en pratique. Un jeune adulte peut ainsi voir apparaître une adolescente de 12 ans près de chez lui et engager la discussion sans aucune barrière. La géolocalisation permanente rend les jeunes particulièrement vulnérables à des approches malveillantes.

Parents, prenez le temps de parler avec vos enfants de ce risque, et vérifiez avec qui ils échangent. Snapchat ressemble à WhatsApp, mais avec une exposition bien plus forte : la localisation en temps réel ouvre des portes qu’il vaut mieux garder fermées.

Snapchat est officiellement réservé aux plus de 13 ans. En pratique, de nombreux enfants plus jeunes s’y inscrivent, parfois avec l’accord des parents. L’application est gratuite, mais propose un abonnement optionnel, Snapchat+, qui coûte environ 4 CHF par mois et ajoute quelques fonctions exclusives comme des icônes personnalisées ou des statistiques.

Conseils pratiques pour les parents

Pour limiter les risques, il est important de régler la confidentialité de l’application. Activer le “mode fantôme” dans Snap Map empêche le partage de la position en direct. Restreindre les interactions aux seuls amis évite les messages d’inconnus. Fixer une durée raisonnable d’utilisation permet d’éviter que les streaks deviennent une contrainte. Et surtout, maintenir le dialogue reste essentiel : comprendre pourquoi l’enfant utilise Snapchat, comment il s’en sert et en parler régulièrement vaut mieux qu’un contrôle strict ou une interdiction.

Accompagné de cette manière, Snapchat peut rester une application ludique et sociale sans devenir une source de stress.

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