100 € pour un haut-parleur ? Pas (encore) en Suisse

Publié le 20 août 2025 par Grégoire Pomey
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En Irlande, la compagnie Iarnród Éireann (Irish Rail) a décidé de durcir le ton. Les voyageurs qui transforment leur wagon en boîte de nuit improvisée risquent désormais une amende de 100 euros s’ils écoutent de la musique ou regardent une vidéo sans écouteurs. L’idée est simple : chacun a le droit de profiter de son trajet, mais pas au détriment des autres. Les messages sont clairs et affichés un peu partout : si tu veux écouter ton morceau préféré, mets un casque et garde le volume pour toi.

Cette mesure peut sembler radicale, mais elle est plutôt bien accueillie. Un sondage montre qu’une large majorité d’usagers soutient l’initiative. Et il faut dire que le problème est plus large que la seule musique : Irish Rail veut aussi sanctionner les comportements agaçants comme vapoter dans le train, poser ses pieds sales sur les sièges ou occuper deux places avec un sac à dos. Autant de petites incivilités qui, mises bout à bout, rendent les trajets désagréables.

Et en Suisse alors ?

La situation est différente. Les CFF n’ont pas prévu d’amende spécifique pour la musique sans écouteurs, et misent avant tout sur la responsabilité individuelle. On rappelle régulièrement aux voyageurs qu’il faut respecter la tranquillité de chacun, éviter les appels interminables en haut-parleur ou les vidéos bruyantes. Ici, on préfère d’abord éduquer et sensibiliser, avec des campagnes d’affiches ou de petits rappels diffusés dans les gares. Les Suisses sont d’ailleurs connus pour avoir intégré beaucoup de règles implicites : on baisse naturellement la voix au téléphone, on garde ses chaussures sales au sol, on évite de déballer un kebab dégoulinant en pleine rame.

Mais soyons honnêtes : qui n’a jamais soupiré en entendant un voisin regarder une série sans casque, ou un groupe mettre de la musique à plein volume comme si tout le wagon devait partager leurs goûts ? Dans un pays où la ponctualité et la propreté des trains sont des valeurs presque sacrées, certains se demandent si une solution à l’irlandaise ne serait pas finalement la bienvenue.

La grande différence, c’est qu’en Suisse, l’amende est perçue comme une arme de dernier recours. L’idée n’est pas de punir d’abord, mais d’essayer de faire comprendre, d’éduquer, de rappeler que le train est un espace collectif où chacun doit trouver sa place. Ce n’est que lorsqu’un comportement devient insupportable et répété qu’une sanction tombe, comme pour les chaussures boueuses sur les sièges, qui sont déjà passibles d’une contravention (25CHF en 2025).

Alors, faut-il copier l’Irlande et brandir la menace des 100 francs d’amende ? Peut-être qu’un jour ce sera inévitable. Mais d’ici là, rien n’empêche chacun d’y mettre du sien : brancher ses écouteurs, baisser un peu le volume, respecter l’espace sonore des autres. Après tout, la meilleure façon de voyager agréablement, ce n’est pas d’attendre une loi pour nous le dicter, mais de penser un peu plus à ceux qui partagent le wagon avec nous.

Source: thejournal.ie

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