Comment j’ai fini par acheter un Mac… après 40 ans de Windows

Après près de quarante ans passés sur Windows, le MacBook Air est devenu mon principal outil de travail, notamment pour développer et administrer des sites sous WordPress.
Publié le 30 juin 2026 par Grégoire Pomey
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S’il y a bien une chose que je n’aurais jamais imaginée écrire un jour, c’est celle-ci : j’ai acheté un Mac.

Quarante ans de fidélité au monde du PC

Mon histoire avec l’informatique ne date pas d’hier. Mon premier clavier, je l’ai découvert à l’âge de 5 ans. C’était la machine à écrire Olivetti de mon père. Elle est maintenant chez moi, à la cave… et elle fonctionne encore. Peu après est arrivé un IBM 8086, le gros truc moche qui a lancé le mot PC au tout début des années 80. Écran monochrome vert, pas de disque dur, deux lecteurs de disquettes 5 pouces 1/4. Pour lancer ce qui ressemblait à un traitement de texte, il me fallait encore appeler papa ou maman. Quelques années plus tard, un 286 faisait son entrée à la maison. L’écran était devenu orange, je commençais à peine à comprendre les mystères du DOS et j’avais l’impression de parler la langue des ordinateurs.

Au début des années 90, la révolution s’appelait Windows 3.1. La famille investit dans un Compaq monobloc flambant neuf, notre première machine avec un écran couleur. Moi, je n’avais qu’une obsession : SimCity, que j’avais découvert sur un Mac Classic à l’école. Premier achat… première erreur. Nous avions acheté l’extension du jeu, pas le jeu lui-même. Impossible de construire la moindre ville. Il a fallu attendre le prochain passage à la capitale et trouver une Placette encore ouverte pour repartir avec le vrai SimCity. Ma première ville virtuelle a rapidement été suivie de ma première grosse frayeur informatique. La disquette était manifestement déjà passée entre d’autres mains… et elle était infectée. Je me souviens encore des mots « virus de boot » résonnant dans la maison. À deux pas de l’adolescence, ça sonnait presque comme une condamnation à mort du PC familial et j’en étais presque responsable avec mon obsession du jeu.

Entre 12 et 15 ans, je découvre QBasic, un logiciel déjà obsolète permettant de s’initier à la programmation. Je passe des heures à faire danser des lignes, des cercles et des couleurs sur l’écran. C’était probablement inutile… donc absolument indispensable. À 16 ans, je commence un apprentissage d’électronicien. Lors d’un stage dans une grande entreprise pharmaceutique, je récupère pour presque rien un vieux PC sous Windows 95.

C’est le début d’une très longue histoire d’amour : mon premier PC, rien qu’à moi. Ensuite, Windows 95, 98, Me, XP, Seven, 10… je les ai presque tous connus. Le seul que j’ai soigneusement évité, c’est Windows 8, le plus grand raté de Microsoft à mon sens. Windows 10, en revanche, c’était (et c’est encore) le bonheur. Rapide, stable, efficace. Je fais partie de ceux qui avaient retenu, il y a quelques années, que ce serait « le dernier Windows ».

On connaît la suite. Windows 11 arrive, Microsoft insiste toujours plus lourdement pour que les clients migrent vers la onzième mouture. Au travail, impossible d’y échapper. À la maison, je résiste.

Mon portable est parfaitement capable de faire tourner Windows 11, mais je n’en vois pas l’intérêt. Je veux simplement une machine rapide, silencieuse et qui ne ralentit pas au fil des mises à jour. Et puis, soyons honnêtes, l’expérience utilisateur de Windows 11 ne m’a jamais vraiment convaincu. Pendant ce temps, Microsoft multiplie les rappels, les notifications et les invitations à passer au nouveau système. Microsoft, disons-le, me gonfle sérieusement et je commence à me dire que je vais migrer ma machine non pas sur la version 11, mais sur une distribution Linux. Je ne sais pas encore laquelle, mais je suis à deux centimètres de me décider.

Quand Apple réussit là où Linux était sur le point de gagner

C’est au même moment qu’Apple entre en scène avec une idée de génie : le lancement du Neo, un ordinateur portable avec une fiche technique au rabais, mais à prix cassé. J’avais, au même moment, mon iPad qui commençait à donner des signes de faiblesse, et le « Neo » me faisait de l’œil pour le remplacer, à prix équivalent, mais avec le confort d’un vrai clavier et d’un vrai système d’exploitation, pour un outil qui me servait essentiellement à mes activités politiques. À ce moment, j’avais toujours en tête l’idée d’installer Linux sur mon vaillant HP pour le reste de ma vie numérique.

Avant le Neo, Apple me semblait surtout être des ordinateurs magnifiques… mais financièrement hors de portée et avec un OS vraiment mystérieux. Ma curiosité, titillée par le Neo, cette machine si peu chère, m’a fait découvrir qu’un MacBook Air n’était finalement pas si cher que ça, jusqu’à ce que je découvre la fiche technique de la machine : puissante, totalement silencieuse, une autonomie impressionnante et vendue à un tarif qui n’a plus rien à voir avec l’image que je me faisais d’Apple.

Le marketing d’Apple a fonctionné à plein tube : j’ai maintenant un MacBook Air qui accompagne à merveille un iPhone. Le Neo, que je n’ai finalement jamais touché, a servi de produit d’appel.

Bien entendu, je cherche encore mes repères. Certaines touches ont disparu et je cherche régulièrement celles nommées Delete, Page Up ou Page Down.

Après une luxation d’épaule avec ma souris, en remplacement des raccourcis clavier disparus, j’ai découvert une application qui me permet d’assigner des fonctions particulières à certaines touches du clavier qui ne me servent pas. Après quelques réglages, j’ai retrouvé les fonctions que mon cerveau attend depuis quarante ans.

Finalement, l’adaptation s’est faite beaucoup plus vite que je ne l’aurais imaginé. Il y a encore moins d’un an, j’aurais juré : « Jamais je n’achèterai un Mac. »

Aujourd’hui, j’en utilise un tous les jours. Microsoft n’a pas totalement disparu de ma vie. Entre le PC familial, le PC du bureau et quelques autres machines qui traînent à la maison, Windows est encore bien présent. Mais, pour la première fois depuis quatre décennies, ce n’est plus lui qui est installé devant moi.

Et ça, honnêtement, je ne l’avais vraiment pas vu venir.

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